RDC au bord du gouffre : la politique des ministres des Finances, du Budget et de l’Économie mise en cause

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La responsabilité de la crise financière actuelle incombe principalement au Vice-Premier ministre en charge du Budget, au ministre des Finances et au ministre de l’Économie nationale. Leur politique économique et budgétaire est aujourd’hui vivement critiquée par une population confrontée à la dégradation rapide de ses conditions de vie.

Longtemps traité de fou par certains cercles politiques et médiatiques, le professeur Godé Mpoy avait pourtant lancé l’alerte. Il avait prévenu qu’une stabilisation artificielle du franc congolais par la Banque centrale du Congo (BCC), dans le cadre du mécanisme dit WAMESO, entraînerait inévitablement un creusement du déficit public et l’incapacité de l’État à honorer ses engagements salariaux à partir de décembre 2025, avec un risque aggravé en janvier 2026.

Aujourd’hui, les faits semblent lui donner raison. L’État éprouve de sérieuses difficultés à payer régulièrement ses agents, pendant que le pouvoir d’achat de la population s’effondre sous l’effet de l’inadéquation entre les revenus et le taux de change. Pendant que les fonctionnaires peinent à percevoir leurs salaires, les ministres des Finances, du Budget et de l’Économie continuent, eux, à bénéficier de leurs rémunérations et avantages sans partage visible des sacrifices imposés au peuple.

Cette situation alimente un sentiment de profonde injustice sociale. De plus en plus de Congolais estiment que ces trois ministres ont induit en erreur le gouvernement et la population par des annonces rassurantes qui ne reflétaient pas la réalité économique du pays. Pour une large frange de l’opinion publique, leur maintien en fonction ne fait qu’aggraver la crise et retarder les solutions structurelles nécessaires.

La gravité de la situation est illustrée par la récente décision du ministère des Finances de solliciter un prêt de 70 millions de dollars auprès des opérateurs économiques. Cette mobilisation vise officiellement à renforcer la trésorerie de l’État face aux impératifs budgétaires actuels, avec une promesse de remboursement assortie d’un intérêt de 9 % sur 18 mois. Une démarche qui traduit l’état critique des finances publiques et l’absence de marges de manœuvre internes.

Pourtant, il y a peu, le pasteur Godé Mpoy multipliait les sorties médiatiques pour critiquer la politique monétaire de la Banque centrale, qualifiant la gestion du gouvernement de « suicidaire », la mettant sur le même plan que l’action des rebelles en termes de conséquences sur la stabilité nationale. À l’époque, ses propos avaient été minimisés, voire ridiculisés. Aujourd’hui, la situation semble s’éclaircir, mais de manière inquiétante : l’État peine à honorer sa masse salariale tandis que la population s’enfonce davantage dans la précarité.

Face à cette crise, une partie importante de la population réclame désormais la démission pure et simple du ministre des Finances, du ministre du Budget et du ministre de l’Économie nationale. Pour elle, ces responsables n’ont pas su assumer leurs fonctions ni protéger les intérêts économiques du pays. Leur politique est perçue comme un facteur direct de l’appauvrissement progressif des Congolais.

Il est temps que le pouvoir en place cesse de bâtir sur du sable et évite de condamner la République démocratique du Congo à n’être qu’un château de cartes destiné à s’écrouler. La crise financière actuelle doit servir d’électrochoc afin de repenser en profondeur la gouvernance économique du pays et restaurer la confiance entre l’État et ses citoyens. LE TONNERRE

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